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Choisir son psychopraticien

Psychologue, psychiatre, psychothérapeute, psychanalyste, psychopraticien... Comment s'y retrouver dans cette jungle des "psy" et faire le bon choix pour votre accompagnement ?

Quand on décide de consulter pour un mal-être psychique, on se retrouve souvent face à une multitude d'appellations qui peuvent sembler confuses. Qui fait quoi ? Quels sont les titres protégés ? Comment choisir le professionnel adapté à votre situation ? Cet article vous aide à y voir plus clair.

Les différents professionnels "psy"

Le psychiatre

Le psychiatre est un médecin qui a suivi une spécialisation de 4 ans en psychiatrie après ses études de médecine (soit environ 10 ans de formation au total). C'est le seul "psy" autorisé à prescrire des médicaments (antidépresseurs, anxiolytiques, neuroleptiques...) et à décider d'une hospitalisation si nécessaire.

Son titre est protégé par la loi et il est inscrit à l'Ordre des médecins. Ses consultations sont remboursées par la Sécurité sociale.

Quand consulter ? Si vous pensez avoir besoin d'un traitement médicamenteux, si vous souffrez de troubles psychiatriques sévères (schizophrénie, troubles bipolaires, dépression majeure...), ou si vous avez besoin d'un diagnostic médical.

Le psychologue

Le psychologue est titulaire d'un Master (Bac+5) en psychologie validé par un mémoire de recherche et des stages pratiques. Son titre est protégé par la loi depuis 1985 et il dispose d'un numéro ADELI délivré par l'Agence Régionale de Santé.

Le psychologue n'est pas médecin : il ne prescrit pas de médicaments. Il est formé à l'évaluation psychologique (tests, bilans) et peut proposer différentes formes d'accompagnement selon sa spécialisation (psychologie clinique, du développement, du travail...).

Ses consultations ne sont généralement pas remboursées par la Sécurité sociale, sauf dispositifs ponctuels comme "Mon Psy". Certaines mutuelles proposent un remboursement partiel.

Le psychothérapeute

Le titre de psychothérapeute est protégé depuis 2010. Pour l'obtenir, il faut être inscrit au registre national des psychothérapeutes, ce qui nécessite :

Les psychiatres et les psychologues peuvent obtenir automatiquement ce titre. Le psychothérapeute pratique la psychothérapie selon l'approche dans laquelle il s'est formé (TCC, psychanalyse, gestalt, EMDR, etc.).

Le psychanalyste

Le psychanalyste pratique la psychanalyse, méthode thérapeutique inventée par Freud qui explore la vie psychique consciente et inconsciente. Le titre n'est pas réglementé par l'État, ce qui signifie que n'importe qui peut théoriquement s'en réclamer.

En pratique, les psychanalystes sérieux sont généralement médecins, psychiatres ou psychologues, et ont suivi :

La psychanalyse est un travail de fond qui s'inscrit dans la durée (plusieurs années), avec des séances fréquentes (souvent plusieurs fois par semaine).

Le psychopraticien

Le terme psychopraticien désigne un professionnel formé à la psychothérapie qui n'a ni le titre de psychologue, ni celui de psychothérapeute au sens légal, ni celui de psychiatre. Ce titre n'est pas protégé par l'État.

Cette appellation regroupe des réalités très diverses : certains psychopraticiens ont suivi des formations rigoureuses de plusieurs années, d'autres des formations bien plus courtes. Il est donc essentiel de se renseigner sur le parcours du praticien.

Certains organismes professionnels (comme le SNPPsy ou la FF2P) ont mis en place des certifications pour garantir un niveau de formation et une éthique professionnelle.

Titre protégé ou non : qu'est-ce que cela change ?

Un titre protégé signifie que son usage est réglementé par l'État. Pour "psychologue" et "psychothérapeute", cela garantit un niveau de formation vérifié et contrôlé.

Cependant, titre protégé ne signifie pas automatiquement compétence thérapeutique. Un psychologue peut être excellent chercheur mais peu à l'aise dans l'accompagnement. À l'inverse, un psychopraticien bien formé peut être un thérapeute remarquable.

Ce qui compte vraiment :

La singularité de l'approche Intelligence Relationnelle

Parmi les psychopraticiens, certains se forment à des approches innovantes qui intègrent les avancées les plus récentes des neurosciences. C'est le cas du modèle Intelligence Relationnelle® (IR), développé par le Dr François Le Doze, neurologue et psychothérapeute.

L'Intelligence Relationnelle se distingue par plusieurs caractéristiques :

Une approche ancrée dans les neurosciences

Contrairement aux approches purement "par la parole", l'IR intègre les connaissances actuelles sur le fonctionnement du cerveau et du système nerveux autonome. Elle s'appuie notamment sur :

Un travail sur le corps et le système nerveux

Le trauma laisse des traces non seulement dans notre esprit, mais aussi dans notre corps et notre système nerveux. L'IR travaille directement sur la régulation du système nerveux autonome, permettant de traiter les symptômes à leur source neurobiologique.

L'objectif n'est pas seulement de comprendre intellectuellement ce qui s'est passé, mais de permettre au système nerveux de sortir des états de survie (hypervigilance, figement) pour retrouver sa capacité de régulation naturelle.

L'engagement relationnel du thérapeute

Une spécificité majeure de l'IR est le rôle actif du thérapeute dans la relation. Contrairement à la neutralité souvent prônée dans d'autres approches, le thérapeute IR utilise consciemment son propre système nerveux régulé pour aider celui du patient à se réguler – un processus appelé "corégulation".

Cette posture s'appuie sur une réalité neurobiologique : notre système nerveux est fait pour être régulé en présence d'un autre. C'est particulièrement important pour les personnes dont les figures d'attachement n'ont pas pu jouer ce rôle.

Une approche transformative

L'IR ne vise pas seulement la réduction des symptômes, mais une transformation profonde du rapport à soi et aux autres. En réparant les blessures d'attachement et en traitant les traumas à leur niveau neurobiologique, elle permet de retrouver sa capacité à être pleinement présent au monde et en relation.

Comment choisir le bon professionnel ?

Au-delà des titres et des approches, voici les critères essentiels pour bien choisir :

1. Vérifiez la formation

N'hésitez pas à demander au praticien quelle est sa formation. Un professionnel sérieux sera transparent sur son parcours. Pour un psychopraticien, renseignez-vous sur la durée et le contenu de sa formation, ainsi que sur l'organisme qui l'a délivrée.

2. Informez-vous sur la supervision

Un thérapeute qui se respecte fait superviser sa pratique régulièrement par un pair plus expérimenté. C'est un gage de qualité et d'éthique.

3. Renseignez-vous sur l'approche

Chaque approche a ses spécificités. Certaines sont plus adaptées à certaines problématiques. N'hésitez pas à demander au thérapeute comment il travaille et pourquoi il pense que son approche peut vous aider.

4. Faites confiance à votre ressenti

La qualité de la relation thérapeutique est le premier facteur de réussite d'une thérapie, toutes approches confondues. Lors d'un premier entretien, observez si vous vous sentez à l'aise, écouté(e), respecté(e). Si quelque chose ne "colle" pas, il est normal de chercher un autre thérapeute.

5. N'hésitez pas à poser des questions

Un premier entretien est l'occasion de poser toutes vos questions : formation, approche, déroulement des séances, fréquence, durée estimée, tarifs... Un thérapeute de confiance y répondra avec transparence.

En résumé

Le paysage des "psy" peut sembler complexe, mais il existe des repères pour s'y retrouver :

Le plus important reste de trouver un professionnel compétent, bien formé, supervisé, et avec qui vous vous sentez en confiance. C'est dans cette relation que la guérison devient possible.

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